Santé publique

Obésité : un enjeu de santé publique

Mis à jour le 16/05/2023 | 8 min de lecture

Les patients atteints de troubles de l’alimentation nécessitent un suivi régulier par un médecin. Des centres spécialisés et intégrés prennent en charge les cas les plus sévères.

L’essentiel

  • 35 % des adultes dans le monde sont atteints d’obésité ou de surpoids.
  • Les habitudes à adopter sont : une alimentation équilibrée, une activité physique régulière et une surveillance de l’indice de masse corporelle (IMC) dès le plus jeune âge.

Chaque année, la Journée européenne de l’obésité est l’occasion de faire un point sur cette maladie en France. C’est une véritable lutte contre un fléau de santé publique qui se met en place sur le territoire avec des campagnes d’information mais aussi des centres spécialisés pour accompagner les patients sévèrement atteints.

L’obésité en chiffres

Les problèmes de poids ont nettement augmenté depuis 1997 (selon les enquêtes nationales ObEpi sur l’obésité et le surpoids). Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), 35 % des adultes dans le monde sont atteints d’obésité ou de surpoids. L’OMS  avance également le chiffre de 25 à 29 % d’adultes obèses en France d’ici 2030. Actuellement, 56,8 % des hommes et 40,9 % des femmes en France sont en surpoids ou obèses. Des chiffres en progression constante et qui constituent un problème majeur de santé publique.

Cette épidémie d’obésité touche les adultes mais aussi les plus jeunes : 1 enfant sur 5 est en surcharge pondérale soit 1,7 millions des moins de 15 ans. Une étude de l’OMS révèle en effet que 400 000 enfants sont atteints d’obésité dans les 21 pays d’Europe couverts par l’enquête.

Une épidémie qui n’épargne pas les ménages les plus fragiles. Ils sont ceux qui ont le plus de difficultés à modifier des habitudes alimentaires déséquilibrées mais très énergétiques.

Les problèmes de poids sont un enjeu de santé publique. Le plan PNNS vise à améliorer l’état de santé de l’ensemble la population en agissant sur l’un de ses déterminants majeurs : la nutrition.

Lutter contre les mauvaises habitudes pour stabiliser son poids

Pour lutter contre le surpoids et éviter les troubles de santé liés à l’obésité (diabète de type 2, hypertension artérielle, maladies respiratoires ou articulaires…), certaines habitudes sont à adopter.  Une alimentation équilibrée et une activité physique régulière tout d’abord, mais aussi une surveillance de l’indice de masse corporelle (IMC) dès le plus jeune âge.

Le diagnostic de l’obésité passe notamment par le calcul de l’indice de masse corporelle (IMC), méthode qui reste à ce jour le seul moyen simple pour estimer la masse grasse d’un individu. L’IMC correspond au poids (en kg) divisé par le carré de la taille (en mètres). Selon la classification de l’OMS, on parle de surpoids lorsque l’IMC chez l’adulte est supérieur à 25 et d’obésité lorsqu’il dépasse 30. Chez l’enfant, il faut se référer aux courbes de croissance présentes dans les carnets de santé. En effet, dès la naissance, la croissance de l’enfant doit être surveillée (courbes de valeurs IMC en fonction de l’âge) pour établir un dépistage précoce. Ce suivi continue chez les adultes notamment pour les populations les plus défavorisées.

Un examen de prévention en santé est possible pour tous les assurés du régime général de la Sécurité sociale. Il permet de faire le point sur de nombreux aspects de la santé et notamment de repérer des problèmes de surpoids ou d’obésité.

L’obésité et le surpoids surviennent à cause d’une malnutrition accompagnée d’une dépense énergétique réduite. La consommation d’aliments sains (riche en fruits, en légumes, en poisson et en céréales complètes) doit donc être associée à une activité physique régulière : au moins 30 minutes chaque jour pour les adultes et 60 minutes pour les enfants. Il est recommandé de préférer par exemple la marche aux transports en commun ou encore l’escalier à l’ascenseur.

Astuce : Conçu dans le cadre du Programme National Nutrition Santé, le Nutri-Score, aussi appelé système 5 couleurs, est un système d’étiquetage nutritionnel. Le Nutri-Score permet d’aider les consommateurs à acheter des aliments de meilleure qualité nutritionnelle pour manger plus sain et pour prévenir les risques de maladies chroniques

Dépistage et prise en charge de l’ obésité

La prise en charge des patients a été établie en trois niveaux : le dépistage et l’orientation (1er niveau recours) puis le recours aux professionnels de la santé spécialisés dans la nutrition (2e niveau recours) pour finir par le traitement dans un centre spécialisé (3e niveau recours).

Les patients atteints de cette maladie doivent être suivis par leur médecin traitant ou un pédiatre pour les enfants. Les médecins du travail, les médecins scolaires et de protection maternelle et infantile (PMI) interviennent également au niveau de la prise en charge.

Les conséquences médicales sont importantes mais il convient d’enrayer la progression de la maladie, et de réduire l’exclusion sociale et la stigmatisation professionnelle dont les personnes obèses sont victimes. Ensuite, si c’est nécessaire d’autres professionnels de la santé comme les spécialistes de la nutrition, les endocrinologues ou les chirurgiens prennent le relais.

Suite à la mise en œuvre du Programme national nutrition santé en 2011, 37 centres spécialisés ont été créés. Ils offrent une prise en charge pluridisciplinaire de l’obésité sévère. Cinq de ces centres ont la capacité d’effectuer des diagnostics et traitements très spécialisés. L’accès à cet établissement est limité aux patients de troisième niveau. En Île-de-France il est possible d’intégrer les centres AP-HP des zones Nord et Centre (intégrés) ainsi que les centres AP-HP des zones Sud et Ouest (spécialisés).

Pour trouver un médecin généraliste ou spécialiste proche de chez vous et consulter ses horaires et ses tarifs, utilisez l’annuaire santé d’ameli.

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