sevrage tabagique
Points clés
  • À partir de 18 ans, plus de 3 fumeurs sur 4 sont des fumeurs réguliers.
  • Arrêter de fumer réduit la mortalité, surtout celle liée aux maladies cardiovasculaires et au cancer broncho-pulmonaire.
Je partage...Share on FacebookTweet about this on TwitterShare on Google+Email this to someonePrint this page

Sevrage tabagique : l’accompagnement du médecin généraliste

Le Mois Sans Tabac, c’est en novembre. Mais arrêter le tabac, c’est toute l’année. Le médecin généraliste est aussi inscrit dans la lutte anti-tabac. Il est là pour aider son patient au sevrage tabagique. Un fumeur régulier sur deux mourra d’une maladie liée au tabac. La lutte contre le tabagisme est donc une priorité de santé publique. Le docteur Juliette Berrier, médecin généraliste à Paris, accompagne certains de ses patients dans ce parcours d’arrêt du tabac. Un soutien très concret et très à l’écoute, car il se fait au cas par cas, selon les situations de chacun.

sevrage tabagique

Le docteur Juliette Berrier, médecin généraliste à Paris ©CPAM Paris – S.A – novembre 2018

Accompagner les patients dans l’arrêt du tabac

Le docteur Juliette Berrier était présente sur des actions du Mois sans Tabac avec le département Prévention de l’Assurance Maladie de Paris. Elle a réalisé des interventions collectives auprès de groupes de jeunes à la cité de la santé, et reçu des fumeurs en entretien individuel pour les conseiller et les orienter dans leur démarche pour arrêter leur consommation de tabac. Car l’échange avec le patient est la première étape. « Il faut évaluer la dépendance à la nicotine et les facteurs de risques. Par exemple, à quel moment le patient prend sa première cigarette. Si c’est peu de temps après le lever, on estime que la dépendance est très forte. Il y a aussi la question du nombre de cigarettes par jour. Dans notre jargon médical, nous l’évaluons en « paquet-année ». 1 paquet-année correspond à une consommation de 20 cigarettes par jour pendant 1 an. À partir de 10 paquets-années, il s’agit déjà d’une exposition tabagique qui pourra être responsable de risques importants pour la santé. Mais même une seule cigarette par jour représente une exposition aux risques du tabac », explique le Dr Berrier, qui met aussi en garde contre le tabagisme passif et la chicha.

sevrage tabagique

Source : Haute Autorité de Santé – Infographie : Pascal Marseaud

Choisir le bon moment pour arrêter de fumer

Les mécanismes de la dépendance au tabac sont connus. « Et la dépendance peut arriver très vite » rappelle le Dr Berrier. Dans sa pratique médicale, le Dr Berrier note que les premières cigarettes arrivent souvent pendant le lycée, pour imiter des modèles, pour le côté social et l’intégration au groupe. Même s’il existe des mécanismes génétiques et environnementaux qui favorisent la dépendance, les contextes personnels entrent en ligne de compte.

« Lorsqu’un patient vient me voir pour arrêter de fumer, je prends le temps d’évaluer toutes les circonstances qui favorisent la cigarette. Par exemple si la personne est en situation de fort stress au travail, cela peut être difficile de maintenir la motivation, ou si la personne a des difficultés de sommeil ou si elle est en couple avec un fumeur, si elle a des fragilités personnelles… Il est important de pouvoir analyser les situations pour apporter une prise en charge globale. Car il est difficile de changer ses habitudes. Et parfois, il vaut mieux décaler dans le temps l’arrêt du tabac, choisir le meilleur moment pour le faire, pendant les vacances par exemple, pour éviter les situations de tentation. »  Le Dr Berrier insiste sur ces leviers de motivation, d’autant plus que la rechute peut faire partie du sevrage tabagique. « Et si cela arrive, ça n’est pas grave. Tout temps d’arrêt du tabac est positif. Et cela prouve que c’est possible. Il faut analyser les facteurs déclenchants, revoir les stratégies ensemble. »

Les stratégies pour mettre en place un sevrage tabagique

Le dialogue entre le patient qui veut arrêter de fumer et le médecin qui met en place le sevrage tabagique doit être régulier, et en total confiance. Le médecin généraliste est neutre et bienveillant. Il est là pour accompagner, conseiller et prescrire les substituts nicotiniques si besoin. « Arrêter tout seul, cela arrive, mais c’est assez rare » estime le Dr Berrier qui n’hésite pas à faire appel à des spécialistes pour cet accompagnement, pour une prise en charge globale. « La motivation d’arrêter de fumer peut être liée à une maladie, comme une toux persistante, ou une grossesse. Selon l’état de santé du patient, des examens de dépistage peuvent compléter l’examen clinique. Il peut s’agir d’une consultation chez un pneumologue ou une ORL, ou encore un cardiologue, les symptômes ou gêne décrits par le patient » détaille le Dr Berrier, qui n’hésite pas à envoyer ses patients qui ont connu plusieurs échecs ou qui sont en difficultés avec le sevrage tabagique à aller consulter un tabacologue. « Les médecins généralistes sont formés aux dispositifs d’accompagnement à l’arrêt du tabac. Nous prescrivons les traitements nicotiniques de substitution comme les patchs, les gommes à mâcher, les pastilles, mais pour les médicaments de seconde intention, la varénicline et le bupropion, je préfère envoyer mes patients consulter un spécialiste » estime le Dr Berrier.

Consciente du pouvoir d’addictologie de la nicotine et de l’effet psychotrope de la cigarette, le Dr Berrier adapte les prises en charge de l’arrêt du tabac à chacun de ses patients « Il y a plusieurs stratégies pour arriver au sevrage tabagique. Et plusieurs étapes. Cela peut être de baisser le nombre de cigarettes, de retarder le moment de la première cigarette, d’oublier son paquet de cigarettes… Il est important de fixer des objectifs réalistes selon les contraintes du patient, et de réadapter ou confirmer la stratégie lors des consultations. En moyenne, l’accompagnement se fait par palier de 15 jours, sur 2 à 3 mois, voire plus, jusqu’à ce que l’arrêt du tabac soit total et consolidé. » Le facteur de succès de la démarche est que cela vienne du patient, et que celui-ci se fasse accompagner par un professionnel de santé.

En savoir plus sur l’accompagnement à l’arrêt du tabac sur le site Tabac Info Service

 

Bon à savoir

Tester sa dépendance au tabac

Lors de la consultation pour l’arrêt du tabac, avant la mise en place du sevrage tabagique, le médecin va évaluer la dépendance du fumeur à la nicotine, selon le test de Fagerstöm (PDF – 546 Ko). On distingue trois types de dépendance au tabac : la dépendance physique due au manque de nicotine, la dépendance psychologique,  liée aux émotions et au sentiment de bien-être, et la dépendance environnementale qui est conditionnée par les habitudes et les rituels. Le site Tabac Info Service met également à disposition plusieurs tests en ligne, pour évaluer ces trois types de dépendance au tabac :
Je partage...Share on FacebookTweet about this on TwitterShare on Google+Email this to someonePrint this page

Laisser un commentaire

Ce webzine n’a pas vocation à traiter des sollicitations particulières.

Contactez l’Assurance Maladie :
  • par mail via votre compte ameli
  • par téléphone au 36 46 (tarif : service 0,06 € / min + prix appel)

  • Attention à vos données personnelles (numéro de sécurité sociale, nom, adresse….) ! Ne les diffusez pas sur Internet !

    Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

    *