cohorte Constances, Inserm
Points clés
  • C’est dans les centres d’examens de santé (CES) de l’Assurance Maladie qu’ont lieu les bilans de santé pour l’ensemble des volontaires. À Paris, les quatre sites qui participent au projet ont déjà intégré près de 20 000 personnes.
  • Pour faire partie de la cohorte, les participants sont tirés au sort dans la base de données de l’Assurance Vieillesse. Ils sont alors invités à se rendre dans le CES pour inclure la cohorte et faire le premier bilan de santé.
  • Plus de 60 projets sont en cours sur des sujets qui sont en général peu étudiés. C’est en particulier le cas pour les pathologies spécifiquement féminines et les effets de la pollution sur la santé.
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cohorte Constances : 200 000 volontaires pour améliorer la santé de demain

cohorte constances

Constances est un projet important : réunir 200 000 volontaires vivant en France pour suivre leur état de santé sur une longue période, grâce à des bilans médicaux pratiqués tous les 5 ans et un questionnaire tous les ans. Deux médecins nous parlent de leur implication et de l’intérêt de cette étude de grande envergure.

cohorte Constances : connaître l’état de santé des Français

Le docteur Marie Zins est responsable scientifique et technique de la cohorte Constances. Elle est médecin épidémiologiste à l’Université Paris Descartes et dirige l’unité Cohortes en population de l’Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale).

« Nous sommes partis du constat qu’il manquait en France des grandes études longitudinales sur l’état de santé. Il existe des dispositifs de recherche mais sur des pathologies précises. Dans le cas de Constances, on réunit un très grand nombre de personnes de 18 à 69 ans que l’on va suivre tout au long de leur vie.  C’est ce qu’on nomme une cohorte épidémiologique « généraliste » ».

Le docteur Brigitte Varsat est médecin au sein de la Cpam de Paris

« Nous participons à l’inclusion de la cohorte Constances puisque c’est dans nos centres d’examens de santé (CES) que les volontaires sont accueillis. Pour Paris, quatre sites ont été choisis pour ce projet : trois antennes du CES de Paris (Amelot, Broca et Maroc) et le centre IPC. Paris est le plus grand centre de recrutement en France et nous sommes fiers de participer au suivi de la cohorte. L’Assurance Maladie est la seule structure en France à pouvoir proposer un maillage de centre de prévention sur l’ensemble du territoire.

Le personnel de nos centres d’examens a été formé pour que le protocole très rigoureux du bilan de santé soit conforme aux demandes du comité scientifique. Cela a contribué à l’amélioration des examens de santé et aussi à la reconnaissance du travail des équipes dans les centres. C’est très bénéfique pour nous de participer à ce projet et d’être en contact avec des scientifiques de haut niveau. »

Les centres d’examen de santé sont le cœur du dispositif

Docteur Marie Zins :

« Constances fait référence directement au rôle des centres  puisque le terme signifie CONSulTANts des Centres d’Examens de Santé ! Sans le partenariat de l’Assurance Maladie, le projet n’aurait pas pu être mené à bien.

Les CES sont le point d’entrée des volontaires dans la cohorte. On appelle cela l’inclusion. Ils sont accueillis pour le premier examen de santé et signe un consentement. Ensuite, ils seront sollicités tous les 5 ans. À côté de cet aspect médical, il y a des questionnaires à remplir sur différents domaines.

C’est là tout l’intérêt de faire une étude aussi globale : les scientifiques peuvent proposer des projets pour faire des recherches plus poussées sur un sujet particulier. Par exemple, la santé des femmes avec un focus sur l’endométriose. C’est une maladie dont la physiopathologie est peu connue et Constances recueille des données sur une population féminine très importante. Ce qui est intéressant, c’est que les femmes pourront participer à des sous cohortes spécifiques avec des recueils de données complémentaires par exemple sur l’endométriose.»

Docteur Brigitte Varsat :

« Grâce à Constances, nous allons avoir une connaissance de l’état de santé de nos populations, via l’Inserm. C’est un apport important qui aura forcément des répercussions dans nos propres missions comme l’éducation thérapeutique ou la prévention. »

Déjà 120 000 Français ont accepté de participer

Docteur Marie Zins :

« C’est une grande avancée pour la recherche sur la santé car nous appréhendons tout l’environnement du volontaire : où il vit, ce qu’il respire, comment il travaille. Nous animons des programmes de recherche sur Constances : ainsi nous réunissons des experts autour d’un thème précis et quand on voit des sociologues, épidémiologistes, économistes,  psychologues-cliniciens français et étrangers, échanger autour d’un thème,  et surgir les questions de recherche, c’est tout à fait passionnant ! Il y a aujourd’hui 60 projets en cours. »

Docteur Brigitte Varsat :

« Pour que cette mission soit menée à bien, nous travaillons activement à l’inclusion des volontaires dans nos centres. Depuis 2013, nous avons reçu 19 850 volontaires à Paris, avec déjà plus de 5 386 en cette année 2016. C’est devenu une activité à part entière de nos centres. Les examens sont très complets et il faut compter 3 heures pour chaque personne. Des examens supplémentaires sont faits pour les plus de 45 ans avec des tests cognitifs et physiques. »

Docteur Marie Zins

« Il y a aujourd’hui 120 000 volontaires qui participent à Constances et d’ici 3 ans ils seront le double. C’est un projet de dimension européenne car d’autres cohortes existent en Allemagne par exemple et cela permet de travailler ensemble pour comparer et mutualiser les résultats. On peut arriver à travailler sur 500 000 personnes voir 1 million de personnes ! Pour accéder aux données, les chercheurs doivent faire des demandes qui sont instruites par le comité scientifique international et le comité de pilotage institutionnel présidé par la Cnamts (caisse nationale de l’Assurance Maladie des travailleurs salariés) et obtenir les autorisations légales.  Les données ne sont pas en accès libre. »

Bon à savoir

Comment participer à l’étude ? Devenir volontaire « cohorte Constances »

Pour constituer la cohorte, les participants sont tirés au sort à partir des données de l’Assurance Vieillesse. Cela concerne toutes les personnes qui ont un numéro de Sécurité Sociale et qui dépendent du régime général. Les personnes désignées sont informées par courrier et  peuvent accepter ou refuser. Ensuite, les volontaires reçoivent un rendez-vous pour aller effectuer le premier examen de santé, dans un des vingt centres qui participent à l’opération. Si vous n’êtes pas tirés au sort mais que vous voulez participer à cette grande étude, il est possible de faire la demande dans le centre dont vous dépendez. Tous les volontaires, de 18 à 69 ans, sont acceptés : il faut en outre bien prendre le temps de lire le consentement et autoriser Constances à vous suivre, même si vous déménagez !  C’est un acte citoyen qui demande une certaine implication sur la durée de l’étude, mais tout est fait pour simplifier la vie de volontaire. cohorte Constances
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