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Diabète : prendre soin de ses pieds

Le Dr Georges Ha Van, à propos du "pied diabétique"© Cpam Paris – Gérard Schaeffer – mars 2013

Le Dr Georges Ha Van, à propos du « pied diabétique »
© Cpam Paris – Gérard Schaeffer – mars 2013

Le lancement de sophia à Paris est l’occasion de rappeler quelques bons gestes et bonnes pratiques pour les personnes souffrant de diabète. Le Dr Georges Ha Van exerce dans l’unité de podologie du service de diabétologie de la Pitié-Salpêtrière. Il explique pourquoi les diabétiques souffrent parfois de plaies aux pieds qui cicatrisent mal et comment ces patients peuvent éviter d’en avoir.

Que pensez-vous du dispositif sophia lancé récemment à Paris ?

Toutes les initiatives visant à favoriser le travail multidisciplinaire entre les médecins, les infirmiers et les podologues et à améliorer leur formation sont les bienvenues sur un sujet souvent mal connu des professionnels. Le pied diabétique à risque doit être dépisté et traité précocement pour éviter sa mutilation ; les moyens de prévention des plaies, très efficaces s’ils sont bien utilisés, doivent être appris par les différents intervenants médicaux et paramédicaux.

Tous les diabétiques sont-ils à risque ?
Non. Le risque podologique chez le diabétique est d’abord lié à la présence d’une neuropathie (affection des nerfs périphériques) avec perte de la sensibilité de protection des pieds. C’est un piège redoutable car l’absence de douleur rassure tout le monde à tort. Le deuxième facteur de risque est l’artériopathie oblitérante des membres inférieurs (AOMI) : des plaques d’athérome obstruent plus ou moins complètement les artères des membres inférieurs qui sont chargées de l’oxygénation des pieds et de la cicatrisation en cas de plaie. Le troisième facteur de risque de plaie est la présence de déformations des pieds car les plaies surviennent toujours au sommet de ces déformations. Les plaies sont indolores, sont diagnostiquées trop tard et la décharge qui consiste à utiliser une chaussure qui diminue fortement les contraintes sur la plaie est difficile à faire observer par ces patients. La présence d’une AOMI, non obligatoire néanmoins, complique la cicatrisation.

Existe-t-il des moyens simples pour éviter les blessures aux pieds ?
Oui. Les moyens les plus simples sont de connaître les principales causes habituelles de plaie des pieds : les chaussures, les ongles, les cors ou durillons, les brûlures, les mycoses, les traumatismes par corps étrangers.
L’utilisation de chaussures adaptées, en cuir souple et de largeur adaptée à celle des pieds, les soins de pédicurie par un pédicure podologue pour le traitement des ongles et de l’hyperkératose associés à des semelles orthopédiques, l’absence de marche pieds nus sont des mesures très efficaces si elles sont adoptées avec constance.
En cas de plaie du pied, la mesure urgentissime toujours efficace est le port de chaussures spéciales mettant en décharge stricte de la plaie ainsi que la limitation au minimum de la marche. En raison de l’absence de douleurs liées à la neuropathie, la décharge est très difficile à faire observer strictement par les patients.

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